Le fil bleu – Mes règles du jeu

 

Règle n°1 – L’atelier écriture est un lieu d’expérimentation, destiné à développer son imaginaire, à (re)trouver le goût et le plaisir d’écrire, à s’autoriser une forme d’exploration de soi : à partir d’une proposition, chacun essaie de composer un texte, plus ou moins long, dans un temps toujours imparti; on expérimente sa plume, sans obligation de résultat et surtout, sans souci formel de grammaire ou d’orthographe.

Règle n°2 – C’est dans la contrainte que se trouve la liberté de créer : “le classique qui écrit sa tragédie en observant un certain nombre de règles qu’il connaît est plus libre que le poète qui écrit ce qui lui passe par la tête et qui est l’esclave d’autres règles qu’il ignore“, a écrit justement Raymond Queneau; cependant, si l’on sèche, il est permis de détourner la proposition, puisque l’essentiel est de produire.

Règle n°3 – Après le temps d’écriture, chacun est invité à lire tout haut son texte devant le groupe : ce passage obligé est essentiel à la fois pour donner à entendre le texte dans la texture et l’émotion de la voix de son auteur, et pour partager ses mots dans un groupe qui par cette écoute se constitue et noue des liens; si certains aspects du texte son à son goût trop intimes, le participant peut n’en lire qu’une partie.

Règle n°4 – Tout participant est invité à partager ses impressions d’auditeur : il ne s’agit pas de critiquer, mais de commenter avec bienveillance, notamment d’indiquer comment le texte d’autrui a résonné en soi; de mon côé, j’encourage et relève les aspects positifs d’une production, en suggérant, quand le texte s’y prête et que mes connaissances litéraires le permettent, des rapprochements avec des auteurs connus (posant comme principe que je ne me pose pas en spécialiste de la littérature, mais en amoureux subjectif).

Règle n°5 – “L’atelier est thérapeutique, comme toute expérience de création“, écrit l’animatrice Jeanne Benameur: puisque, même dans la contraire, on travaille toujours sur son propre matériau, l’émotion déborde parfois le participant; c’est à l’animateur et aux autres écrivants de l’accueillir comme un cadeau que l’on se fait à soi-même et aux autres, dans le respect de la confidence.

Règle n°6 – Il s’agit d’apprendre à écrire ensemble pour apprendre à écrire seul: pour certains le travail d’écriture se confinera à l’expérience collective, pour d’autres il se prolongera par une production personnelle; je me tiens alors à la disposition de chacun pour des conseils personnalisés en dehors du temps de l’atelier.

Règle n°7 – Dans le cadre de partenariat spécifique, j’organise une restitution publique d’ateliers. Il s’agit d’un programme d’une à deux heures permettant de présenter des expériences variées, illustrées par la lecture de quelques participants; quand l’exercice s’y prête, je sollicite la participation du public. J’ai déjà aussi réalisé des livres rendant compte d’ateliers, ainsi que des CD audiophoniques permettant à chacun de garder une trace tangible de son travail.